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Tout collectionneur est tôt ou tard confronté à la notion de variante quand il se trouve en présence de deux exemplaires d'un même disque qui présentent des différences. Lucy vous donne les clés pour ne pas se tromper ! |
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La limite BIEM / SACEM
Définition
Les géologues et les paléontologues ont la limite KT (Crétacé
– Tertiaire) pour distinguer les niveaux antérieurs à la
grande rupture survenue il y a 65 millions d’années des niveaux
qui lui sont postérieurs. Les collectionneurs des disques des Beatles
en pressage français ont la limite BIEM / SACEM pour les aider distinguer
les pressages originaux des rééditions et des éditions
« posthumes », c'est-à-dire les disques conçus et
diffusés après la séparation officielle du groupe.
Les logos « BIEM » et « SACEM » sont, pour la France,
des mentions légales qui figurent sur le label du disque, au recto comme
au verso, pour désigner l’organisme qui a la charge de la perception
des droits d’auteur sur le disque, ce que les anglo-saxons appellent le
« copyright control ».
Le BIEM
Le BIEM est le Bureau International des Sociétés Gérant
les Droits d’Enregistrement et de Reproduction Mécanique.
C’est une organisation internationale représentant les sociétés
de droit de reproduction mécanique. Ces sociétés sont présentes
dans la plupart des pays et délivrent les autorisations pour la reproduction
des chansons. Leurs membres sont des auteurs, compositeurs et éditeurs
et leurs clients sont des producteurs de disques ou tout autre utilisateur de
musique enregistrée. Elles autorisent également le téléchargement
de la musique par Internet.
Le BIEM représente 44 sociétés réparties dans 42
pays.
Le BIEM a été fondé en 1929. A l’origine, il gérait
le répertoire pour le compte de ses membres européens. En 1968,
ces responsabilités ont été conférées à
ses sociétés individuelles. La SACEM en fait partie.
(source : www.biem.org)
La SACEM
Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique.
La SACEM a été fondée en 1850. C’est la société
à laquelle sont affiliés la quasi-totalité des auteurs,
compositeurs et éditeurs de musique français. Son rôle consiste
à percevoir des droits sur les exécutions publiques d'une œuvre,
ce qui permet à l'auteur d'être rémunéré pour
toute utilisation de son ouvrage. Des accords ont été conclus
avec des sociétés étrangères semblables, avec effet
de réciprocité, ce qui étend son action à la plupart
des pays.
Le transfert de la responsabilité de perception des droits
En 1970, suite aux transferts de responsabilités qui avaient eu lieu
en 1968, il a été décidé que les droits ne seraient
plus perçus par le BIEM mais par les sociétés qui y sont
affiliées, la SACEM donc pour la France.
Il en résulte que la mention légale « BIEM » portée
sur le label des disques est progressivement remplacée par la mention
« SACEM ». Cette transition s’est effectuée entre les
derniers mois de l’année 1970 et les premiers mois de l’année
1971.
L’impact de ce transfert pour les collectionneurs de disques
En mai 1970 est sorti le dernier album des Beatles correspondant au «
vivant » du groupe. Il s’agit de « Let it Be ». Il n’est
pas utile ici d’ergoter pour savoir si le groupe pouvait encore ou non
être considéré comme réellement « vivant »
au moment de la sortie de ce disque. Toujours est-il que, lorsque « Let
it Be » a été déposé dans les bacs des disquaires,
le groupe existait encore officiellement. C’est cela qui compte.
Nous pouvons donc dire que tous les disques en pressage français qui
ont été diffusés du vivant du groupe portent la mention
« BIEM » sur leur label, que ces disques soient Odéon, Odéon-EMI
ou Polydor.
Ci-dessous, quelques exemples de mention « BIEM » :
Il peut s’agir de pressages originaux (par exemple tous les 33T Odéon
de la série OSX) ou – déjà - de rééditions
(par exemple certains 33T Odéon-EMI de la série LSO).
Au-delà de 1970, on ne trouvera plus que des rééditions
ou des disques conçus après la séparation du groupe, ce
que j’appelle les disques « posthumes » (doubles rouge et
bleu, « Live at Hollywood Bowl », « Rock’n’Roll
», « Love Songs » etc.). Tous ces disques portent la mention
« SACEM » sur leur label.
Ci-dessous, quelques exemples de mention « SACEM » :
Il est donc très facile pour un collectionneur de reconnaître un
pressage original ou une réédition « années 60 »
à la simple lecture de la mention portée sur le label du disque
:
- BIEM = années 60, jusque 1970 inclus
- SACEM = depuis 1971 jusqu’à nos jours
La photo ci-dessous illustre parfaitement cette distinction. A gauche se trouve
le label de la l’édition originale de l’EP « Help !
» (Odéon SOE 3769) et à droite sa réédition
(Odéon-EMI MEO 113.

Help ! : pressage original et réédition.
A noter que, comme le BIEM est un organisme international, la mention «
BIEM » apparaît également sur le label de disques pressés
dans d’autres nations et ce, bien au-delà de 1970. Par exemple,
« GEMA BIEM » en Allemagne ou « BIEM / STEMRA » aux
Pays-Bas. Attention donc à ne pas prendre un pressage étranger,
de surcroît récent, pour un pressage français des années
60. De toute façon, la mention « BIEM » sur le label n’est
qu’un des éléments permettant d’identifier les pressages
français originaux. Il y en a d’autres.

Sur ce label d’un single belge, la mention BIEM est associée à
un disque « Made in Belgium » portant la référence
Parlophone anglaise !
L’exception « DR »
Il existe des labels de disques français qui ne portent pas la mention
« BIEM » (ni la mention « SACEM ») alors qu’il
s’agit indubitablement de pressages originaux du début des années
60.
Les 2 exemples ci-dessous appartiennent à l’EP Odéon SOE
3739 (« Please Please Me », premier pressage en label bleu nuit)
et au SP Juke Box Odéon SO 10187 (« Please Please Me », label
jaune). A noter que le second pressage de l’EP Odéon SOE 3739 en
label orange portait la mention « BIEM ».
 
les mentions « DR » sur les premiers pressages
de « Please Please Me ».
Texte et illustrations : Claude Nine
A la relecture : Filou
Mise en page : Coyote & Krystel
septembre 2004 -
© LucyInTheWeb |
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