 |
|
 |

 |
 |
 |
La séparation des Beatles marquait la fin des Sixties et élevait le groupe au rang de mythe.
Beaucoup d'encre a coulé à son sujet, pour vous Lucy tente d'en expliquer les véritables raisons. |
 |
 |
 |
1969 : Entrée en scène d'Allen Klein
Au debut de l'année 1969, l'entreprise des Beatles
Apple Corps Ltd est au plus mal; la boîte est gérée
bêtement; l'argent coule à flôt pour disparaître
aussitôt dans des projets tous plus farfelus les uns
que les autres; tout le monde fait n'importe quoi et
les parasites en tous genres s'aggrippent aux Beatles
qui ne savent plus quoi faire.
JOHN : On n'a pas besoin de faire d'énormes profits, mais si on continue comme ça, on sera tous fauchés dans six mois.
C'est ce moment critique que choisit un new-yorkais du
nom d'Allen Klein pour joindre Lennon par téléphone et
lui proposer ses services de manager et de
gestionnaire.
Allen Klein était un requin de chez requin, manager
rock de son état, fondateur avec sa femme Betty de sa
propre entreprise de management ABCKO Inc., et qui
s'était juste avant cela occupé des affaires des
Rolling Stones.
Pour se faire une vague idée du bonhomme, il suffit de
savoir qu'à ce jour, Mick Jagger, avec son nom, sa
fortune et ses relations, n'a toujours pas pu
récupérer les droits phonographiques et éditoriaux des
chansons des Stones première période, le tout
appartenant toujours exclusivement à ABCKO Inc. qui
existe encore aujourd'hui...
Klein lui-même pourrait être décrit comme un
croisement entre Bernard Tapie, John Belushi et Joey
Starr...
Mais en Avril 1969, Lennon tomba sous le charme rude
et très "working class" de Klein, entraînant avec lui
Ringo et Harrison... Mais pas Paul McCartney. Et ici
apparait une fissure supplémentaire dans la cohésion
du groupe.
JOHN : Klein et Apple étaient destinés à se rencontrer tôt ou tard. On a été impressionnés par la manière dont il s'occupait des affaires des Rolling Stones. De plus, il porte un des plus chouettes pulls à col roulé que j'aie jamais vus. C'est le seul homme d'affaires que j'aie rencontré qui ne soit pas gris jusqu'à l'âme.
McCartney s'était marié en mars de la même année avec
Linda Eastman, qui se trouvait être la fille d'un
avocat lui aussi new-yorkais, Lee Eastmann, qui avec
son fils aîné avait fondé un cabinet juridique,
Eastmann & Eastmann, spécialisé dans le Show business.
PAUL : J'ai proposé Lee Eastman comme avocat potentiel, mais ils ont refusé : "Non, il pencherait trop de ton côté, contre nous." (...) Ils avaient raison. Heureusement qu'on ne l'a pas fait. Si on l'avait pris, ce serait devenu une folie.
McCartney prit la personnalité grossière et douteuse
d'Allen Klein en horreur à la seconde où il le vit,
lui préférant tout naturellement le charme très
bourgeois de la famille de Linda. Il refusa donc de
signer l'accord de management entre Apple Corps Ltd et
Klein, mais les trois autres le signèrent bel et bien
en mai 1969.
GEORGE : Quand Allen Klein est arrivé chez Apple, ça a ressemblé à cette scène de The Rutles quand tout le monde saute par la fenêtre au moment où Ron entre dans la compagnie. Il a viré les gens, la peur en a fait fuir certains et il a installé des hommes à lui qui ont tout contrôlé selon son désir.
Les Beatles étaient donc désormais divisés en deux
camps opposés, Paul contre les trois autres, ce qui
devait plus d'une année plus tard déclencher la fin
juridique des Beatles, lorsque Paul attaqua les trois
autres et Klein en justice pour que le groupe soit
officiellement dissout.
MeeK - Coyote & Krystel
Mai 2002
© LucyInTheWeb
|
 |
 |
 |